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Interview Prodatron
Jörn, également connu sous le nom de Prodatron / SymbiosiS dans la demoscene, est célèbre pour ses impressionnantes productions Amstrad CPC. Durant 1993-94, à une époque où les demos ne parlaient que de gros scrollers et d’autres effets hardware bien tordus, il a définitivement apporté un vent nouveau de créativité en repoussant les limites de l’Amstrad CPC avec de la 3D temps réel et un player/éditeur de MOD. J’étais curieux d’en savoir plus sur lui, sur son travail passé mais aussi sur le plus récent, alors je suis vraiment content qu’il ait accepté de répondre à mes questions !

Quand ce bébé atteindra les 88 miles à l’heure, tu vas voir un truc d’enfer !
1. Salut Jörn. Peux-tu te présenter brièvement ? (ton âge, ton pays, ton métier…)
Salut Arnaud, merci beaucoup d’avoir été si patient avec cette interview ! J’ai 37 ans et je vis à Moers, en Allemagne, une ville proche de la frontière néerlandaise. Depuis 1999, je suis à mon compte et je travaille dans le secteur d’internet. Je suis actuellement chef de projet technique dans l’une de nos sociétés, qui développe des applications web pour plusieurs clients.
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2. Comment as-tu appris à programmer sur Amstrad CPC ? Quel âge avais-tu à l’époque ?

Texas Instruments TI99/4A, le premier ordinateur personnel 16 bits
De façon régulière, j’ai commencé à programmer sur l’Amstrad CPC fin 1987. Début 1983, quand j’avais 8 ans, j’ai vu un ordinateur familial pour la première fois de ma vie : c’était un Sinclair ZX-81, et j’étais tellement fasciné par son curseur qui traçait les caractères ! Mon père était professeur de mathématiques. À cette époque, on introduisait ici l’informatique comme nouvelle matière à l’école pour la première fois. Ils n’avaient aucun professeur d’informatique, alors mon père a dû faire ce travail.
Pour acquérir un peu d’expérience, il a rapporté de l’école à la maison un ZX-81, puis plus tard un TI99/4A. C’est donc sur le TI99/4A que j’ai fait mes premières expériences en Basic en 1983/1984. Ensuite mon père a changé d’école et malheureusement il ne pouvait plus rapporter d’ordinateur à la maison. Je devais écrire mes programmes Basic sur des feuilles de papier, en espérant qu’ils puissent devenir réalité un jour sur une vraie machine. En 1985, je me suis intéressé un court moment à un C64. Mais mon père a étudié les specs du C64 et du CPC et m’a convaincu de regarder de plus près le Schneider (le revendeur allemand de l’Amstrad).
Je l’ai fait et je me suis tout de suite mis à adorer cette machine ! À cette époque, nous avions un magasin qui exposait toujours des ordinateurs allumés, où l’on pouvait même coder et tester ses propres programmes. Ainsi, entre 1985 et 1987, j’ai passé beaucoup de temps dans ce magasin à coder de petits jeux et outils en basic sur l’Amstrad CPC - sans la possibilité de les sauvegarder sur disquette. Il m’a fallu environ 3 ans pour réunir assez d’argent de poche afin de pouvoir acheter mon propre CPC-6128 fin 1987. Cette machine est encore aujourd’hui mon CPC principal.

La partie Third Axis de Voyage 93, par Prodatron. Avec aussi l’adaptation de Space Debris par BSC, l’une des meilleures musiques jamais réalisées sur Amstrad CPC
3. Quelle est ta demo préférée parmi celles que tu as créées, et pourquoi ?

Digital Orgasm, par Prodatron
Ma préférée est la demo Digital Orgasm. Quand j’ai codé cette demo fin 1993, j’étais un peu triste, car j’avais le sentiment que le CPC était plus ou moins mort. La scène française, qui a toujours été la référence pour moi, n’était pas très active à cette période, et en Allemagne nous n’avions « que » Face Hugger et Odiesoft comme derniers codeurs actifs et vraiment talentueux.
Notre megademo Voyage 1993 de BENG! était techniquement à la pointe à cette époque, mais le design n’était pas parfait. Au final, je ne l’aimais pas tant que ça. Nous étions très fiers d’avoir les parties 3D, mais c’est tout. Prodatron Megademo, que j’avais codée avant, n’était pas du tout à la pointe, mais pour être honnête je me suis bien plus amusé à la coder et à la regarder. Alors, après avoir sorti CPC-DigiTracker à l’été/automne 1993, j’ai voulu coder ma deuxième Megademo.
Nous avions BSC (musique) et Made (l’un des meilleurs graphistes que j’aie rencontrés à cette époque) dans notre nouveau groupe SymbiosiS. Avec ces gars-là, j’ai pu créer quelques belles parties de demo, qui auraient constitué une bonne base pour une nouvelle megademo. Mais comme je suis passé à la plateforme 80x86 au début de 1994, je n’ai pas pu terminer l’ensemble du travail, et je l’ai donc achevé sous le nom de Digital Orgasm. En 1994, je n’avais aucune idée que nous connaîtrions un jour cette formidable renaissance de l’esprit CPC grâce au mouvement rétro !

Le Digitracker de Prodatron, un lecteur/compositeur de modules pour l’Amstrad CPC
4. Considères-tu qu’il y a eu une « guerre virtuelle » entre les demoscenes française et allemande de l’Amstrad CPC autour de 1988-93 ? La généralisation de la 3D temps réel était-elle la réponse finale de l’Allemagne ?

Terrific Demo, par Cadjo Clan
Peut-être que quelque chose comme ça se passait à cette époque. Il y a toujours eu une compétition entre tous les groupes de demo, et dans la plupart des cas les Français étaient les meilleurs. Les groupes français utilisaient des techniques et des designs bien meilleurs (p. ex. Logon System, The Demo) que les groupes allemands (p. ex. Cadjo Clan, Terrific Demo). Avec sa demo S&KOH, Overflow a créé à mon avis la hardware-demo la plus avant-gardiste jamais réalisée sur le CPC de l’ancienne génération - elle était en quelque sorte imbattable à cette époque. Seul Elmsoft, d’Autriche, était presque au même niveau que les Français.
Puis Face Hugger est apparu et a sorti son Ultimate Megademo. Elle n’avait pas un grand design, mais ses parties 3D et software étaient révolutionnaires pour la demoscene CPC. C’était très motivant pour nous, et nous nous sommes donc mis nous aussi aux graphismes vectoriels pour rattraper notre retard sur la scène française.
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5. Pourquoi peut-on lire Prodatron Rejects Beng! (Bad European News Gang) sur ton site http://www.prodatron.net ? Être membre de cette équipe a-t-il été une mauvaise expérience pour toi ?
Oups, je suis vraiment désolé pour ce malentendu !! :-)) The Rejects est le nom de mon premier groupe dans la scène, que j’ai fondé avec Leather Rebel en 1991/1992. Plus tard, nous sommes passés chez BENG! et j’y ai vraiment passé de très bons moments avant que nous ne fondions SymbiosiS en 1993. Je voulais simplement mentionner tous mes groupes sur le site, c’est donc amusant que cela ait conduit à ce malentendu :-)
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6. Tu as quitté l’Amstrad CPC pour la programmation PC, en 1994-95. Puis sur PC tu as fait le discmag Autark, ainsi qu’une nouvelle version de Digitrakker… puis tu as arrêté tes activités peu de temps après. Pourquoi ? La demoscene PC a-t-elle été une mauvaise expérience pour toi ?

« 1st Infection », demo PC de Prodatron (1994)
Pour être honnête, mon époque dans la demoscene MS-DOS/80x86 entre 1994-1996 a été aussi géniale que dans la scène CPC. Il y avait beaucoup de raisons…
D’une certaine manière, l’environnement PC du début des années 90 ressemblait beaucoup au CPC : un système d’exploitation primitif dont tu n’as pas du tout besoin si tu veux faire tes propres trucs à toi ; tu avais un contrôle direct et pur du matériel ; à l’exception de l’accès au stockage de masse, tu pouvais tout coder toi-même en bas niveau, y compris tout ce qui touche au hardware ; en particulier les graphismes
Le VGA était le standard et il était totalement compatible sur toutes les machines ; il avait presque le même CRTC que le CPC, avec quelques registres supplémentaires
- Sur les PC de l’époque aussi, tu connaissais la plupart des bits, octets et ports de toute la machine ; tout était donc entre tes mains, si tu codais encore en assembleur
- Tu codais de la même façon et avec le même esprit que sur le CPC, mais tu avais bien plus de possibilités : plus de registres CPU et plus de bits par registre, un CPU bien plus rapide et des instructions plus puissantes ; côté graphismes, tu avais le sentiment de pouvoir enfin réaliser tout ce dont tu avais rêvé, y compris des mondes vectoriels 3D complexes
- La scène était énorme et très active ; j’ai fréquenté beaucoup plus de demo parties que dans la scène CPC les années précédentes

Digitracker (version PC)
Puis, en 1996, tout a changé. L’utilisation des modes écran Super VGA est devenue de plus en plus importante. Contrairement au mode Standard VGA, tu n’avais plus de compatibilité si tu voulais encore faire des tricks hardware spéciaux (CRTC) et du codage bas niveau. En 1996 également, Microsoft Windows 95 a fini par remplacer complètement MS-DOS. Ainsi, le bon vieil environnement bas niveau à la CPC a définitivement disparu à jamais de la plateforme 80x86 !
Dès 1995, j’avais découvert le World Wide Web, et donc en 1996 j’ai arrêté de coder en assembleur 80x86 et je me suis lancé dans le métier du développement web. C’était intéressant, et on pouvait gagner beaucoup d’argent en ces débuts d’internet, mais c’était loin d’être aussi cool que de coder sur le Z80 et le 80x86 au début des années 90.

Discmag Autark (PC)
7. Au début des années 2000, tu as décidé de revenir sur l’Amstrad CPC (puis plus tard sur toutes les machines 8 bits à base de z80), en créant un nouvel OS, SymbOS. Peux-tu nous en dire plus ?

SymbOS (version CPC)
Dès la fin des années 80, je rêvais d’une interface graphique pour le CPC, capable de rivaliser avec l’Amiga Workbench. Certains de mes amis possédaient cette machine fantastique, et j’étais très enthousiasmé par son système de desktop. J’avais aussi vu quelques captures de GEOS et j’enviais vraiment les gars du C64.
Au début des années 90, j’ai fait quelques tentatives pour construire une telle GUI sur CPC. Je n’avais pas beaucoup d’expérience à l’époque, si bien que CEUS Desktop 2.0 a été le seul résultat abouti. Il était probablement inutilisable pour des applications sérieuses, et je n’ai donc pas pu réaliser mon rêve.
10 ans plus tard, j’étais un peu lassé par la programmation web (mon métier) et j’ai décidé de jeter à nouveau un œil au monde du 8 bits. Je gardais toujours le vieux rêve d’une GUI CPC puissante, alors j’ai consulté quelques sites sur C64-GEOS et j’ai aussi découvert le projet C64 CLiPS, très intéressant mais inachevé. J’étais désormais un peu plus avisé, familier de choses comme la programmation orientée objet et le multitasking, et c’est ainsi que l’histoire de SymbOS a commencé.

SymbOS (version PCW)
J’ai commencé par les routines de la GUI. SymbOS devait tourner dans les trois résolutions d’écran du CPC. J’ai donc dû séparer très clairement les routines écran de haut et de bas niveau, chaque résolution nécessitant sa propre bibliothèque bas niveau. À l’été 2001, j’ai codé le microkernel avec son ordonnanceur de processus multitâche. L’environnement multitasking impose d’encapsuler toutes les routines de bankswitching à l’intérieur du microkernel (avec un accès jusqu’à 1MB de ram pour faire tourner des processus parallèles sur un système 8 bits).
Ce n’était pas une intention en 2001, mais c’est uniquement grâce à ces deux faits qu’il a été possible de porter SymbOS sur d’autres plateformes Z80 par la suite. Fin 2004, j’étais certain que SymbOS pouvait devenir réalité exactement tel que je l’imaginais. Mon travail avec Dr.Zed et Trebmint m’a énormément motivé, et au printemps 2006 j’ai enfin pu réaliser mon rêve vieux de 20 ans avec la première version officielle de SymbOS.
8. Toujours au sujet de SymbOS, après de nombreuses versions solides, j’ai l’impression que tu n’es plus motivé par le projet. Es-tu démotivé par le fait que très peu de gens ont réellement créé des programmes pour ton OS ?

SymbOS (version MSX)
Non, absolument pas. Cela ne m’a jamais posé de problème, j’étais simplement content du grand intérêt et des excellents retours, et de voir SymbOS tourner à toutes les retro parties. Même des gens venus d’autres systèmes en parlaient. Cela paraît drôle, mais d’une certaine façon c’est le contraire qui fut l’une des raisons. Dans la scène MSX en particulier, je recevais des tonnes de retours semaine après semaine et je devais aider de plus en plus de gens sur des questions concernant SymbOS. Au final, je passais donc bien plus de temps à communiquer avec les gens qu’au développement de SymbOS lui-même.
En 2007, SymbOS tournait sur trois plateformes différentes, et la plateforme MSX en particulier comprenait des dizaines de machines différentes de constructeurs différents, avec des contrôleurs de disquette et de disque dur différents. J’ai implémenté des drivers de périphériques de stockage de masse interchangeables pour SymbOS MSX et j’ai essayé de supporter les plus importants, mais c’était déprimant de voir qu’il restait encore énormément de systèmes non supportés et que leurs utilisateurs réclamaient un support encore et encore.

Prodatron est un grand fan de K.I.T.T. (la voiture qui parle)
Mais la véritable raison pour laquelle j’ai arrêté mes activités était tout autre. Fin 2007, je me suis lancé dans un nouveau hobby. D’une certaine façon, c’était aussi un ordinateur des années 80, mais avec quatre roues. Il s’agit de K.I.T.T., la voiture qui parle de la série télévisée des années 80 Knight Rider avec David Hasselhoff, qui est une Pontiac Trans Am modifiée.
Cette série était très populaire en Allemagne, et petit garçon, on admirait énormément cette voiture. J’ai acheté par inadvertance une telle voiture fin 2007, mais je me suis ensuite mis à aimer ce hobby. J’ai voulu la restaurer complètement et construire une vraie KITT avec tous les détails, y compris le tableau de bord façon cockpit. J’y ai aussi intégré un ordinateur qui reconnaît les commandes vocales et peut piloter de nombreux composants de la voiture. Elle est terminée maintenant, et quelques autres voitures de cinéma, comme une DeLorean connue grâce à Back to the future, ont rejoint ma collection, et voilà ce que j’ai fait pendant ces quatre dernières années.
9. Je me souviens de Longshot, de Logon System, disant que SymbOS + Symbiface 2 (un matériel dédié capable de gérer la mémoire étendue, un disque dur IDE et bien plus encore…) était une nouvelle plateforme, et non plus un Amstrad CPC. Quel est ton point de vue là-dessus ?

SymbOS + Symbiface 2
Je ne sais pas si je dois le prendre comme un compliment ou non. Peut-être que nos trucs sont si révolutionnaires que les gens ont le sentiment qu’il s’agit d’une autre plateforme et non du CPC du milieu des années 80. C’est agréable à entendre ! :)
Mais peut-être que Longshot ne parle pas de l’aspect philosophique mais des aspects techniques de SymbOS et du SYMBiFACE II, à savoir qu’ils changeraient complètement le cœur du CPC ? Dans ce cas, je suis totalement en désaccord. À part l’horloge temps réel et les extensions de RAM et de ROM, qui existaient déjà dans les années 80 exactement de la même manière compatible, le SYMBiFACE II n’est rien de plus qu’une pure interface sans aucune intelligence propre. Il ne remplace aucune partie centrale du CPC, donc le CPC lui-même reste la même machine. Tout le travail doit toujours être effectué par son petit CPU Z80 - comme aller chercher chaque octet sur le disque dur IDE. Nous avions déjà des interfaces dans les années 80 comme le RS232 ou même des contrôleurs de disque dur MFM, etc. Le cœur du CPC reste bien sûr identique.
Mais je me souviens de certains salons où les gens regardaient SymbOS lire des films sur un CPC équipé d’un SYMBiFACE II, et ces gars pensaient vraiment que tout le côté vidéo était calculé et affiché par le SYMBiFACE II. C’est bien sûr totalement faux, tout est toujours géré par le CPC et son Z80.

Une description des parties les plus importantes qui composent le SYMBiFACE II
Le SYMBiFACE II est probablement le matériel le plus multifonction jamais publié pour le CPC, et ce fut le premier officiel doté d’une interface IDE. Mais il ne faut pas le confondre avec ces bêtes comme la CMD SuperCPU pour le C64, qui transforme la machine C64 en un stupide terminal graphique/clavier zombie, tandis que tout le travail et l’intelligence sont désormais assurés par la carte d’extension.
Concernant SymbOS : ce système d’exploitation est conçu pour tourner sur un CPC-6128 nu, sans aucune extension - même pas besoin de roms. Sans mémoire supplémentaire, tu ne pourras peut-être lancer qu’une grosse application ou plusieurs petites en même temps. Tous les autres systèmes d’exploitation pour CPC ne peuvent pas lancer plus d’un programme à la fois, et alors ? Le SYMBiFACE II et SymbOS forment une belle combinaison, mais tu peux tout à fait faire tourner SymbOS avec des extensions matérielles des années 80. Il te faut juste un peu plus de Ram (256KB supplémentaires dk’tronics/Dobbertin sont déjà largement suffisants) et c’est tout. Un disque dur IDE n’est nécessaire que pour lire des vidéos, tout le reste est possible avec le matériel CPC d’origine. Il n’y a donc aucune raison de penser que SymbOS exige une autre plateforme.
SymbOS avec le SYMBiFACE II, on pourrait appeler ça une dream-team, mais les deux peuvent s’utiliser comme des solutions autonomes, car ils ne dépendent pas l’un de l’autre. Du point de vue technique, ils ne transforment absolument pas le CPC en une autre plateforme. Du point de vue philosophique : oui, bien sûr ! :D

SymCommander, tournant sous SymbOS, permet de parcourir le contenu du disque dur !
10. Suis-tu encore la demoscene Amstrad CPC ? Que penses-tu des demos sorties ces 3 dernières années, y compris la toute récente demo « Batman Forever » de Rhino ?

Bien sûr, je jette parfois un œil aux nouvelles productions pour Amstrad, et je suis toujours aussi impressionné qu’autrefois en regardant les nouvelles demos CPC. C’est vraiment cool qu’il soit encore possible de créer des demos qui surpassent les anciennes - c’est complètement dingue !
J’aime aussi beaucoup les demos CPC+ plus récentes, car sur le plan technique elles sont assez différentes et rafraîchissantes par rapport aux demos CPC classiques. Quand j’ai découvert le système MSX, j’ai constaté qu’une grande partie des effets de demo reposent sur la technique du line splitting, et je me suis demandé pourquoi nous n’avions pas utilisé cette technique de manière aussi extrême sur CPC. J’ai vu maintenant que Batman Forever a enfin fait du très bon boulot là-dessus ! Et oui, le mélange excessif de ses fantastiques techniques software et hardware est absolument impressionnant.
11. Quel est ton avenir en ce qui concerne l’Amstrad CPC et, d’un point de vue plus général, les machines 8 bits à Z80 ? Comptes-tu créer quelque chose de nouveau ? Y a-t-il une chance de voir tôt ou tard une nouvelle production Symbiosis pour l’Amstrad CPC ?
Ces quatre dernières années, j’ai toujours espéré revenir un jour au Z80 et à la plateforme SymbOS. Je fréquente toujours régulièrement les retro-meetings et je me suis parfois remis à coder pendant de courtes périodes. Mais maintenant, depuis mai 2012, il semble que je sois vraiment de retour sur CPC. Kangaroo Musique a fini par réussir à me convaincre. Je travaille maintenant sur un petit projet CPC, qui doit rester secret pendant les prochains mois (NoRecess : vraiment ?? :)). Quand il sera terminé et, je l’espère, sorti plus tard cette année, j’ai vraiment envie de reprendre SymbOS. Il reste encore beaucoup de choses à faire, alors on verra…
12. Comptes-tu mettre à jour ton site prochainement ?
Je suppose que je dois mettre un peu à jour le site Prodatron.net. Dès que je serai de retour sur SymbOS, je mettrai bien sûr aussi à jour son propre site, Symbos.de.
13. Enfin, sujet libre pour toi. Quelque chose que tu aimerais partager avec nous… ?
Je veux remercier tous les membres de la scène du retrocomputing pour leurs activités, leurs contributions et leurs sympathiques discussions, et pour maintenir ce formidable hobby si intéressant. C’est drôle que ce soient justement ces hobbies très étranges, devant lesquels les gens normaux lèvent les yeux au ciel, qui procurent le plus d’amusement. Alors restons des freaks plutôt que de devenir ennuyeux ;)
Un million de mercis Jörn pour avoir répondu à ces questions. Quel que soit ton avenir concernant l’Amstrad CPC, nous te remercions tous pour tes activités passées… tu restes une légende vivante à nos yeux. :)
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De la part de Longshot/Logon System (ajouté le 19 septembre 2012)
NoRecess* : Longshot a été cité dans la question 9 avec la phrase Un CPC avec SymbOS + Symbiface 2**[…]*n’est plus un CPC*. Malheureusement, il y a eu un petit malentendu de ma part et Longshot* lui-même a souhaité ajouter quelques mots pour préciser sa pensée :
Je pense que la symbiface est une interface qui améliore les capacités natives du CPC parce qu’elle ajoute une interface IDE, une horloge temps réel,… et je ne trouve pas que je n’aie pas un CPC devant moi…, mais plutôt un CPC capable de faire plus de choses qu’un CPC ordinaire. Je pense que c’est une chose extraordinaire que Prodatron ait développé un tel OS sur CPC, même si personnellement je n’y vois pas d’intérêt. (Mais faire des demos n’a pas non plus beaucoup d’intérêt avec ce principe).
Je pense qu’il a pris plaisir à le faire (un très bon projet théorique) et, malheureusement, cette énergie ne semble servir qu’à peu de gens.
La plupart des logiciels CPC ont été développés en Z80A en accédant directement au port d’E/S du matériel.
Toutes les cartes conçues après l’ère des micro-ordinateurs sont peu diffusées et donc peu de gens peuvent en profiter. La seule qui ait vraiment fonctionné à « grande échelle » est celle qui remplace un matériel natif (hxc floppy emulator), et qui n’augmente pas les capacités d’origine.
Parce qu’un logiciel écrit pour utiliser la symbiface ne sera accessible qu’à une personne qui possède l’interface. Autrement dit, très peu de gens. De plus, les gens ne veulent pas de ce genre de restriction si cela réduit le nombre d’utilisateurs. Un codeur va accepter d’utiliser les 64Kb supplémentaires du CPC parce qu’il considérera que c’est assez courant.
Néanmoins, peu de logiciels commerciaux des années 80 utilisaient réellement 128Kb… Il a fallu beaucoup de temps avant que 128Kb soit considéré comme une caractéristique courante…

