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Interview BSC
Oliver Mayer, connu sous le nom de BSC / SymbiosiS, est un programmeur / musicien surtout connu pour son travail de programmeur audio sur Amstrad CPC. Il est l’auteur de plusieurs demos ainsi que du Soundtrakker (1991). J’étais curieux d’en savoir plus sur lui, je lui ai donc demandé une interview et il a gentiment accepté ! Quelle chance nous avons :)
1. Salut Oliver ! Peux-tu te présenter s’il te plaît ? Que fais-tu dans la vie ? Etc.
Salut ! Je m’appelle Oliver, j’ai 42 ans (youpi), je suis marié et père d’un merveilleux petit garçon.
Je travaille comme développeur logiciel depuis 15 ans maintenant et je suis passé freelance il y a quelques années. J’ai fait des choses sur CPC entre 1985 et 1994 (je suppose, mais je ne sais pas exactement quand j’ai raccroché) et j’ai refait surface il y a environ 2 ans pour travailler sur un player/tracker SID.
2. L’Amstrad CPC a-t-il été ton tout premier ordinateur ? Quand as-tu acquis ton premier CPC ?
Non. Mon premier ordinateur était un Sinclair ZX Spectrum 48k que je partageais avec l’un de mes frères. Je me souviens avoir chargé jeu après jeu depuis une énorme valise de cassettes qu’on avait empruntée à un type qu’on venait juste de croiser brièvement. Je crois qu’on l’a eu vers 1984 et j’ai dû attendre environ 1 an avant d’avoir mon CPC 464. Il y avait tellement de jeux sympas sur le Speccy : Tranz Am, Pssst!, Jetpac et bien d’autres. On passait notre temps à jouer à cette époque.
J’ai découvert le CPC vers 1985 je crois. À l’époque je traînais dans les grands magasins du coin - Kaufhof, Quelle, Hertie. Ils exposaient toutes les machines du moment : VIC20 et les C64 et C128, ZX Spectrum, Apple II, Atari XL etc. et bien sûr quelques Amstrad / Schneider CPC. Je me souviens qu’au départ je voulais un VIC20 mais j’ai abandonné cette idée après avoir joué avec le CPC 464 posé juste à côté.
À Noël 1985, j’ai enfin eu mon propre CPC 464 avec écran vert - youpi ! :D J’ai dû attendre le lecteur de disquettes pendant un bon moment. C’est pour ça que c’est venu naturellement pour moi de tomber amoureux de Breaking Baud :)





3. Te considères-tu comme un programmeur ou comme un musicien ?
Les deux je dirais. J’ai beaucoup aimé les deux et je serais incapable de choisir l’un plutôt que l’autre. Je crois que c’est venu assez naturellement que je finisse musicien sur CPC après avoir passé tant de temps sur différents trackers sur différentes plateformes. Et parfois, le democoding n’était tout simplement pas aussi gratifiant que composer ou arranger un joli morceau :)
J’aime aussi jouer de la guitare et l’un de mes rêves est de monter un groupe de reprises de musiques d’ordinateurs et de jeux vidéo avec d’autres geeks - Final Fantasy, Street Fighter et d’autres jeux SNES, des morceaux classiques du C64 et ainsi de suite. Ce serait vraiment génial *hint hint*
La plupart des gamins de l’époque ont probablement commencé par programmer en Basic, puis peut-être en assembleur, et c’était aussi mon cas. Mais je me suis intéressé à la musique sur ordinateur dès le début. J’ai en fait bidouillé beaucoup de musiques de jeux avant de me mettre lentement à en faire moi-même.

Advanced Music Sampler (Volume 2) par BSC
4. D’après cpcwiki, tu étais membre du groupe GCS - qui comptait aussi EGS (Elmsoft), Weee! et DJH parmi ses membres. GCS signifie “Godless Cracking Service”. Est-ce que ça veut dire que tes premières activités sur CPC ont été de cracker des jeux ?
En quelque sorte.
Même si c’était bien avant que je devienne membre de GCS, qui, à ma connaissance, n’a jamais rien cracké ni sorti le moindre crack. On était godless à ce point ! Au passage, j’ai toujours cru que GCS voulait dire autre chose mais je n’ai jamais osé demander. Bref, je crois que mes premières activités non liées au Basic sur CPC ont effectivement été de cracker des jeux.
Au début j’avais un 464 sans lecteur de disquettes et tous les autres que je connaissais (comme les types qui traînaient dans les grands magasins dont j’ai parlé) avaient des lecteurs de disquettes ou trimballaient au moins des piles de disquettes 3” en permanence. Donc pour mettre la main sur le moindre jeu, je devais les transférer de la disquette vers la cassette, ce qui impliquait parfois une forme de cracking. J’y ai tellement pris goût qu’on a commencé à convaincre le personnel des magasins de nous prêter leurs jeux pour les “tester”, pendant quoi j’essayais de cracker ces jeux et j’en récupérais aussi une copie toute fraîche sur l’une des cassettes que je trimballais en permanence avec moi :) J’ai encore cracké un peu par la suite mais je n’ai jamais vraiment fait de loaders ou d’intros signés. À l’époque j’écrivais tous mes loaders en opcodes et ajouter quoi que ce soit de plus que la séquence de chargement CAS IN de base aurait probablement été bien trop pénible - même pour moi.
Et je me souviens encore à quel point je trouvais que Speedlock était l’une des protections anti-copie les plus difficiles à contourner de tous les temps.
J’avais aussi des copains crackers et avec l’un d’eux (salut LCC !) je me suis lancé dans une compétition pour voir qui obtiendrait le premier une version crackée fonctionnelle du dernier jeu qu’on avait récupéré. Ah ! C’était le bon temps.. Mes activités de cracking ont d’ailleurs aussi donné naissance à mon pseudo. LCC et moi on avait l’habitude de poker au hasard dans les jeux pour voir si ça changeait un tapis roulant dans Aligata Blagger ou autre.
Plus tard on a découvert qu’on pouvait modifier les textes dans les jeux en pokant aux bons endroits et un de ces jours-là j’étais en train de tripatouiller Bruce Lee et j’ai commencé à modifier l’écran de chargement, qui contenait un énorme logo “Datasoft” que j’ai fini par transformer en “Betasoft”.
5. Tu as fait plusieurs demos, de 1988 à 1993. Pourrais-tu résumer (brièvement !) ces activités ? As-tu des souvenirs à partager ?
Absolument ! Comme tout le monde le sait, mes 8 premières demos (ingénieusement intitulées BSC DEMO 1 à 8) ont été des jalons de l’art du demo coding et je crois que j’ai inventé la plupart des techniques importantes comme le scrolling, la rupture (qui a ensuite été volée par les frenchies !) et ainsi de suite ..
Blague à part, j’étais encore plutôt un cracker quand j’ai fait BSC DEMO 1 et je me demandais toujours qui étaient tous ces types salués dans les cracker intros qui accompagnaient certains des jeux que je récupérais. Comme je n’avais jamais vu de vraies demos sur CPC à cette époque, j’étais convaincu d’être le seul à réellement produire quelque chose comme des demos sur CPC.








Maintenant que j’y pense : je crois que j’ai eu l’idée d’essayer de faire une demo sur CPC parce que j’avais vu beaucoup de demos sur les C64 et les Amiga qui avaient tant de succès chez Kaufhof et compagnie. Bref, ne voir aucune demo de tous ces types qu’on saluait tout le temps m’a fait me demander s’ils existaient vraiment et j’ai tranché : non, juste des crackers qui envoient des greetings à leurs copains lamers :)






BSC Megademo est arrivée bien plus tard - je crois que mes 8 premières demos ont toutes été faites en 87 et 88 et que la Megademo a été faite en 91 si je me souviens bien. J’avais enfin rencontré la scène CPC allemande entre-temps (Salut Pluton et Thriller !) et je me souviens que voir KKB First Demo pour la première fois a dû être l’un des moments les plus humiliants de ma vie CPC.
Cette demo a été une révélation pour moi et je n’arrivais pas à croire que des trucs pareils soient possibles sur CPC. C’est pour ça que la partie principale de BSC Megademo présente certaines similitudes avec KKB First. C’était THE Demo pour moi à cette époque. J’ai aussi aimé collaborer à de plus grosses demos, comme la CeBit Party 91 Demo avec plein de Raaaaahhh ! :)



Je suis allé à pas mal de CPC parties entre 1989 et 1994 et c’était toujours très marrant, à papoter tout le week-end, à échanger des jeux, des demos et des ragots, à boire de la bière, à manger de bonnes choses comme des pizzas et à raconter vraiment beaucoup de bêtises .. Pour ma part je n’étais pas parmi les party coders les plus travailleurs.. On sortait souvent dans les rues taguer les murs, les portes, les cabines téléphoniques avec nos marqueurs permanents 80pt ;-)
Une nuit particulièrement mémorable dont je me souviens s’est passée chez Mickey de TCW où on a appelé Incognito V au milieu de la nuit et l’appel s’est déroulé à peu près comme ça (sans blague), haut-parleurs allumés pour que tout le monde puisse l’entendre :
Le père d’Incognito (apparemment) : Allô ?
BSC : Bonjour, est-ce que je peux parler à Vince s’il vous plaît ?
Le père : Mhh, il dort déjà..
BSC : Mais c’est vraiment important ! J’ai des raster bars qui clignotent !
Le père : Oh, je vais devoir le réveiller alors !
Tout le monde a éclaté de rire et on n’a pas réussi à se calmer pendant un bon moment.. Je crois que le père de Vince l’a vraiment amené au téléphone ensuite, mais la conversation qui a suivi était assez inutile (et de toute façon mes raster bars fonctionnaient très bien) .. :D
6. Tu viens d’Allemagne (sinon ton pseudo ne serait pas “BetaSoft Cologne” !). Il y avait une sorte de guerre (amicale) (compétition..) entre la scène française et la scène allemande. L’as-tu ressentie à l’époque ?
Oui, il y avait quelque chose comme une “guerre” ou une compétition, plutôt, qui était prise assez au sérieux des deux côtés. Bien sûr les frenchies prenaient les choses beaucoup trop au sérieux et manquaient totalement d’humour :D Non, c’étaient juste de sacrément bons demo coders (et bien plus nombreux aussi) et je crois qu’on s’est donné du mal pour tenir le rythme.
Mais pour ma part je n’ai de toute façon jamais fait partie des meilleurs demo coders, alors j’ai eu recours aux médisances et à d’autres techniques qui reposaient sur le langage parlé (ou qui scrollait à l’écran).
Je me souviens de la Black Mission Party alias Euromeeting 1 chez BMC et de la peur qu’on avait de rencontrer l’équipe Logon et les autres frenchies pour la 1re fois. J’avais particulièrement la trouille parce que j’avais une partie cachée dans BSC Megademo qui utilisait un graphisme “volé” (lui-même volé à l’Amiga) et le super morceau de Cybernoid 2 de l’Atari ST, dans laquelle je me moquais aussi de l’équipe Logon :D Mais tout le monde a été vraiment sympa et je me suis retrouvé assis devant un 6128 plus (ma première rencontre si je me souviens bien) avec Longshot (Salut Serge!), à parler boutique de l’ASIC. Les frenchies étaient vraiment de chouettes types et des demo coders incroyablement talentueux, je dois l’admettre :)
Cliquez ici pour voir la traduction anglaise du compte-rendu de la rencontre European Demo Party (merci CPCRulez !).


Les gens de l’Euromeeting 2 à Reims. Rangée du fond : K-OS, Hiroyuki, Alien, Thriller, BSC et Elmsoft
Crittersoap, Excalibur, Odiesoft, Crown et Weee
7. Ensuite tes centres d’intérêt se sont déplacés vers la programmation audio.. pourquoi ?

J’étais déjà dans la musique sur ordinateur à cette époque et je déplorais toujours l’absence d’un vrai programme de musique comme Soundtracker ou Protracker que je connaissais déjà de l’Amiga. Je crois que j’ai essayé des trucs de lecture de samples qui ont assez clairement échoué mais à l’époque je n’aurais jamais pensé à un tracker AY natif pour le CPC parce que je lorgnais déjà secrètement vers l’Amiga (s’il te plaît ne publie pas ça !) (NoRecess : si, je l’ai fait ! :-))
Mais ensuite j’ai lu un article dans Amstrad Action sur le fonctionnement des drivers audio des musiciens professionnels et c’est là que j’ai accroché. J’ai peut-être fait quelques petites expérimentations mais ça n’a pas dû être très utile parce que je ne m’en souviens pas vraiment. Alors pendant un moment j’ai eu recours à Noisetracker de MTI avec un music driver que WEEE! a gentiment fourni. Mais aussi formidable que fût l’existence de Noisetracker, c’était aussi assez limité et je ressentais toujours le besoin de quelque chose de mieux.
8. Soundtrakker est probablement le programme pour lequel tu es le plus connu. Pour la première fois, il y avait sur CPC un équivalent des trackers audio populaires disponibles à l’époque sur d’autres plateformes (bonjour Protracker sur Amiga !). As-tu des souvenirs à partager ? (outils de développement, 1res personnes à tester le programme, publicité/support commercial, etc).

Tu as oublié BSCDEMO 1 à 8 - mais bon, laissons ça à Wikipedia.
Comme je l’ai dit, j’étais habitué à Noisetracker quand j’ai lu cet article dans Amstrad Action et - à peu près à la même époque, je crois - mon frère (devenu entre-temps demo coder sur ZX Spectrum, sous le nom de DMC) a mis la main sur un proggy appelé Soundtracker, qui ressemblait et fonctionnait beaucoup comme le Soundtracker que je connaissais de l’Amiga. J’étais électrisé et je voulais quelque chose comme ça pour le CPC aussi !
Alors j’ai en gros commencé à écrire un tracker capable de lire les morceaux du Soundtracker ZX Spectrum et de les rejouer sans aucune étape de conversion (à part le transfert depuis le speccy bien sûr) et c’est ce qu’est devenue la première version de Soundtrakker. J’ai ajouté quelques autres choses que je voulais avoir et, au début, j’étais mon propre meilleur client :)


Le support commercial de Soundtrakker était assuré par New Age Software et Weeske (un distributeur bien connu de matériel et de logiciels CPC) qui s’occupaient de tout le packaging et de la vente par correspondance, mais après y avoir réfléchi pendant peut-être 20 ans, je dois en arriver à la conclusion que j’aurais dû le faire tout seul - en shareware peut-être. Pour un bien meilleur prix, et pourtant avec une plus grosse marge. Et plus de copies vendues bien sûr. Je serais tellemeeent riche maintenant ! ;-)
L’illustration de couverture de la boîte a d’ailleurs aussi été faite par DMC - merci mon pote ! :)
9. Prodatron a créé le Digitrakker, qui était le pendant à base de samples du Soundtrakker. Qu’en pensais-tu ?

Je n’ai jamais vraiment compris pourquoi Digitrakker et Protracker étaient si populaires.
Ça sonnait plutôt mal à moins d’avoir un digiblaster et ce n’était pas vraiment utile pour autre chose qu’un écran plus ou moins statique.
Rien qui m’attirait beaucoup à cette époque. J’étais tout simplement trop content d’avoir un tracker qui fonctionnait pour la musique AY pour me soucier à nouveau de musique samplée sur CPC. Techniquement ces trackers à samples étaient bien sûr impressionnants, mais ils n’étaient tout simplement pas pour moi.
10. Toujours à propos des soundtrackers, que recommanderais-tu pour composer des musiques pour le CPC en 2014 ? Le Soundtrakker, Starkos (version CPC), un tracker sur ST qui génère du YM, un tracker PC (ArkosTracker, VortexTracker..)..?

Soundtrakker bien sûr ! En tout cas moi je l’utiliserais encore, je suppose.
J’ai fait mes essais avec AMC et Starkos et je n’ai jamais vraiment compris (à part les implications techniques liées à la vitesse du player) pourquoi, dans Starkos en tout cas, chaque effet doit être intégré dans les instruments. On ne peut pas avoir d’arpèges ou de slides indépendants, tout ça doit faire partie de l’instrument lui-même..
J’étais tellement habitué à la façon de faire de Soundtracker (Amiga) / Protracker que c’était quelque chose que je n’arrivais pas à comprendre. Et Soundtrakker était si facile à utiliser (pour moi). Mais je comprends que dans le monde CPC de l’après-an 2000 les cycles CPU soient devenus des joyaux encore plus rares et que le player de Soundtrakker ne fasse pas partie des plus rapides.
Je pensais aussi à un nouveau song compiler qui pourrait produire un player plus rapide / stable, mais ensuite je suis tombé sur le SID…
11. Tu as publié un prototype de routine de replay basée sur le SID sur le forum de discussion du wiki. Peux-tu nous en dire plus sur ce projet ?

J’ai eu connaissance de l’effet SID sur Atari ST vraiment tard. Vers le milieu des années 2000 je crois, et après avoir lu comment il était réalisé sur ST(avec ses timers sophistiqués et tout ça) j’ai pensé que c’était plus ou moins impossible sur CPC.
Quelque temps plus tard, plusieurs choses ont attiré mon attention : j’ai vu Backtro d’Overflow, et j’ai donc appris que c’était en fait faisable sur CPC. Puis j’ai vu Eklhaft SP2 sur le Speccy et je me suis dit : Bon sang ! Même le Speccy peut le faire !
Puis j’ai vu Cubase64 et j’ai été tellement impressionné que j’ai dévoré le white paper que Pex a publié avec. Du lourd d’ailleurs - une lecture indispensable pour tous ceux qui font de la création audio numérique à mon avis. Finalement j’ai rencontré un sympathique codeur Oric sur les forums defence-force qui m’a expliqué comment le SID et le Sync Buzzer et quelques autres effets étaient réalisés techniquement. Et après avoir mélangé et remixé tout ça pendant un moment j’ai abouti à une première incarnation d’un “SID audio lab” qui était très très basique comparé à AYAY Kaeppttn mais je pouvais enfin entendre un effet SID fait main sur mon cher CPC émulé.
À cette époque je pensais qu’un nouveau tracker avec SID et Buzzer et tout ça, capable en plus de produire un player AY rapide (stable), serait quelque chose dont la scène CPC avait soif - qu’est-ce que je me suis trompé. Je n’ai pas réussi à me motiver pour mettre autour tout ce qui en aurait fait un éditeur audio complet, mais je l’ai publié quand même et maintenant c’est mort ..
Je continuerai peut-être à travailler dessus à l’avenir et peut-être que dans 1 ou 5 ou 10 ans il y aura un produit final. Peut-être un peu plus tôt si quelqu’un m’aide - il y a eu des gens qui ont manifesté leur intérêt, mais tout le monde est tellement occupé par ses propres projets.. On verra..
12. Tes musiques CPC ont été massivement rippées durant la période 92-95 dans plusieurs demos. Qu’en penses-tu ?
Je dois dire que je n’en avais pas conscience (du moins pas du côté massif de la chose) jusqu’à très récemment, quand j’ai jeté un œil à quelques excellentes demos de la 2e moitié des années 90.
Je trouve ça génial que ces morceaux aient été utilisés dans des productions sympas et la plupart du temps j’étais même crédité, donc pas de problème :)
Une autre chose dont je me souviens à propos des morceaux “volés”, c’est que quelqu’un a littéralement volé (ou plutôt emprunté un moment) ma boîte à disquettes lors d’une party à Wuppertal si je me souviens bien. Ce quelqu’un l’a prise dans mes affaires personnelles la nuit, pendant que je dormais, pour copier tous mes morceaux inédits et en partie inachevés. Qui que ce soit, ça devait être un sacré enfoiré. D’un autre côté, cet incident a probablement aidé mes morceaux à se retrouver dans plusieurs demos - au moins en partie.
13. Je suppose que tu suis encore la communauté Amstrad CPC de temps en temps. Aimes-tu les productions qui sont sorties ces dernières années ?

Absolument ! Il y a eu beaucoup de demos impressionnantes récemment.
D’abord Batman Forever bien sûr. Une autre révélation et l’une des plus chouettes productions CPC de tous les temps ! Je n’ai par contre pas compris les discussions qui ont suivi sur les techniques employées. Pour moi, faire des demos a toujours consisté à faire des choses qu’on croyait impossibles. Quelque chose que Rhino a fait comme un chef !
J’ai aussi apprécié Breaking Baud, Still Rising, From Scratch, Yet Another Plasma! et les trucs de NoRecess, bien sûr :) Il y a eu aussi des jeux assez impressionnants comme Super Edge Grinder. Et c’était vraiment super de voir que le CPC en tant que plateforme a réussi à attirer des gens venus d’autres scènes ces dernières années. On dirait que l’époque des guerres de plateformes hardcore est enfin révolue :)
Et même si c’est aussi assez impressionnant de voir beaucoup de nouvelles extensions matérielles, je préférerais plutôt que les gens mettent davantage d’énergie dans des produits logiciels, parce que tous ceux qui ont un CPC peuvent les utiliser.
14. Es-tu encore en contact avec d’autres membres de la scène ? Avec tes vieux amis de l’époque ?
Ça fait en fait pas mal de monde. Encore plus tout récemment, principalement grâce à AYAY Kaeppttn. Mais j’ai toujours gardé le contact avec Prodatron (on a même travaillé dans la même boîte pendant quelques années) et je vois régulièrement Face Hugger, Odiesoft et Fraggle pour pratiquer le jeu vidéo et la consommation de bière. J’échange aussi des mails avec des types comme Thriller et Pluton et j’ai eu beaucoup de contacts avec des gens du forum CPC wiki et de pushnpop récemment.
Mes nouveaux venus préférés sur CPC côté musical sont Ultrasyd et McKlain, avec qui je suis également en contact depuis un moment. Et une chose que j’ai été vraiment heureux d’apprendre, c’est que Ultrasyd s’est intéressé aux chiptunes après avoir entendu un morceau CPC de moi - la meilleure histoire que j’aie jamais entendue à propos de ma musique :)
15. Te considères-tu encore comme un membre de SymbiosiS ?
Laisse-moi réfléchir…
Je crois que le groupe est en fait mort, mais j’en étais membre quand j’ai raccroché et je n’ai jamais rempli mon formulaire d’émergence, donc je suppose que oui, en quelque sorte.
Mais pour moi ce groupe était composé d’Alien, Prodatron, Made et moi. Prodatron n’arrêtait pas d’ingurgiter d’autres gens à volonté - quand il s’ennuyait vraiment, probablement ;-)
16. En tant qu’amateur de chiptune, quel genre de musique aimes-tu écouter au quotidien dans la vraie vie ?
Pas au quotidien :D
Mais je suis toujours très porté sur la chip music et il y a eu une période il y a quelques années où j’étais un auditeur vraiment régulier de la radio demoscene nectarine et je jette encore un œil sur soundcloud de temps en temps.
Oh ! Je viens de voir que j’avais mal lu la question :D :D Bon, j’aime beaucoup de styles musicaux, mais en ce moment je n’écoute pas beaucoup de musique régulièrement. À part ça je suis un énorme fan de Pink Floyd et de Muse, Jason Mraz, RHCP, Dire Straits, Steve Vai et bien d’autres. Au fait ! J’ai découvert plein de super groupes en écoutant Radio Paradise. La meilleure radio en ligne du monde à mon avis. Vous devriez y jeter une oreille sur http://radioparadise.com.

17. L’interview est déjà terminée. Aurais-tu quelque chose d’autre à ajouter ?

J’aimerais vraiment rencontrer davantage de gens actifs sur CPC dans la vraie vie, c’est pour ça que j’ai essayé de promouvoir l’Evoke demo party qui a lieu à Cologne/en Allemagne chaque année en août. Alors - allez, les gars du CPC ! C’est une chouette party, super ambiance, la ville a plein d’autres choses à offrir et vous pouvez y rencontrer BSC :D
Et je veux crier un grand “merci, vous assurez !” à tous les gars et les filles qui produisent encore des choses sur leurs CPC et qui, ce faisant, aident à garder vivante la mémoire d’Arnold :)
Merci Oliver !!* Je profite de l’occasion pour te remercier publiquement pour le fantastique Soundtrakker*. Ce programme a clairement été un compagnon quotidien pendant presque 3 ans quand j’étais adolescent ! Ah, souvenirs :)
Merci également à CPCRulez, CPC-Power, Octoate et Pouet pour les captures d’écran.
Ci-dessous une vidéo de la demo Digital Orgasm : la deuxième partie contenait l’une des meilleures musiques jamais composées pour le CPC par BSC (adaptée de la musique Space Debris sur Amiga).
