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Interview Bryce
Bryce est un utilisateur actif de l’Amstrad CPC, que l’on peut joindre via le forum du CPCWiki. Dernièrement, il a sorti la MegaFlash, une extension formidable pour le CPC qui permet d’avoir jusqu’à 32 ROMs en même temps. J’étais très curieux d’en savoir plus sur lui, alors je lui ai demandé une interview et il a gentiment accepté d’y répondre !
1/ Salut Bryce ! Peux-tu te présenter ? (ce que tu fais dans la vie, ton nom dans la vraie vie, des enfants à la maison..)
Salut, j’ai 42 ans, je viens d’Irlande mais je vis en Allemagne.
J’ai fait des études de physique mais j’ai travaillé dans l’électronique pendant la majeure partie de ma carrière. À l’époque de l’université, je réparais des télés et des magnétoscopes dans un petit magasin de télévision. On avait aussi des 8-bits à réparer, à l’occasion. J’ai également fait de la conception en freelance pour plusieurs sociétés qui fabriquaient du matériel CPC et Spectrum, et c’est vraiment là qu’a commencé mon travail de conception sur 8-bits. Je travaille maintenant dans l’industrie automobile. J’ai conçu de l’électronique automobile pendant plusieurs années, mais malheureusement je ne fais plus beaucoup de conception électronique concrète, je passe le plus clair de mon temps à pousser du papier ces temps-ci. Alors je compense avec mon électronique de loisir.
Je me suis marié il y a deux ans, et notre premier enfant est arrivé il y a 8 semaines. C’est un changement énorme dans ma vie et, pour l’instant, ça prend tout le temps que j’aurais normalement consacré à mon électronique de loisir.
2/ Quand as-tu rencontré l’Amstrad CPC pour la première fois ? Qu’est-ce qui t’a attiré dans la machine : le côté logiciel (les jeux..) ou le matériel ?
C’est mon père qui a pris la décision pour moi. Il y avait une offre sur son lieu de travail pour acheter un 8-bits à prix réduit. Il a choisi le CPC parce que le moniteur était inclus, ce qui voulait dire que je ne bloquerais pas notre unique télé quand je voudrais m’en servir. Une sage décision, parce que je n’ai pratiquement plus quitté le CPC à partir du jour où il est arrivé. Même très jeune, j’ai toujours été fasciné par l’électronique, alors les logiciels ne m’ont occupé que les premiers jours, puis je l’ai démonté pour comprendre comment il fonctionnait. Plus tard j’ai eu un Atari 800XL qui, d’un point de vue matériel, était plus intéressant à développer. Même si la plupart des membres du Wiki ne connaissent que mes travaux CPC, j’ai en réalité développé plus de matériel pour le XL/XE, le C64 et le Spectrum que pour le CPC. Mais l’essentiel de ce que je fais aujourd’hui est pour le CPC, alors ça va changer avec le temps.

MegaFlash : les étapes, du prototype au produit final
3/ Tu es célèbre pour ta MegaFlash, un matériel très bien fini. Combien en as-tu vendu ? Au final, était-ce un projet amusant pour toi ?

Même si c’est un projet de loisir, j’utilise les mêmes standards commerciaux que ceux que nous utiliserions au travail, c’est sans doute pour ça qu’on peut la considérer comme un produit fini. C’était aussi important pour moi qu’elle puisse encaisser les mauvais traitements de l’utilisateur 8-bits typique, c’est-à-dire : survivre au stockage dans un carton plein de vieux PCB, être branchée et débranchée régulièrement et tout ce qui peut arriver d’autre. Je pense que l’utilisateur s’attend à ça aussi. Si tu dépenses une bonne somme pour un appareil, tu n’as pas envie qu’il casse une semaine plus tard.
Le projet n’était pas vraiment planifié. Il a commencé parce que ma ROMBoard (version Practical Electronics faite maison) prenait trop de place sur mon bureau. J’ai donc conçu la MegaROM. Ensuite on m’a demandé si une version inscriptible (depuis le CPC) serait possible, alors j’ai fait la MegaFlash. C’était amusant à concevoir et à construire, mais beaucoup de travail. Je crois en avoir vendu 46 au total. Mon plan n’a jamais été d’en construire et d’en vendre, je voulais juste publier les plans pour que d’autres les construisent, mais j’ai reçu tellement de demandes et le PCB était un peu trop compliqué à réaliser pour un amateur, que j’ai décidé d’en fabriquer une série.
4/ Toujours à propos de la MegaFlash, tu t’es « associé » à TFM pour créer un gestionnaire dédié (« The ROM Manager »). Tu n’étais pas capable de fournir ton propre logiciel ?
Je programme en C et en assembleur, mais surtout pour les micro-processeurs PIC et AVR. J’ai aussi appris l’assembleur à l’université (6800), mais je n’ai jamais été très bon en Z80. J’aurais pu m’en charger moi-même, mais la courbe d’apprentissage aurait été rude et le projet ne serait probablement toujours pas terminé aujourd’hui. TFM est très à l’aise en assembleur Z80 et avait déjà écrit des applications très similaires, il était donc évidemment la meilleure personne pour ce travail. Il arrivait à programmer en quelques minutes des choses qu’il m’aurait fallu des jours, voire des semaines, à faire correctement.
5/ Tu as aussi un autre projet, « Man In the Middle », pour le CPC+. Peux-tu nous en dire plus sur ce projet ? (pourquoi ce nom, le but, l’état d’avancement, la disponibilité..).

Le Man-In-The-Middle part d’une idée très simple : utiliser l’ACID d’une cartouche originale sans le retirer. Le PCB du MITM dispose d’un support d’EPROM pour y installer ton propre logiciel, la cartouche d’origine se branche à l’arrière et son EPROM d’origine est désactivée. Comme les ACID sont quasiment impossibles à trouver, c’était une méthode simple pour permettre le développement et la distribution de nouveaux logiciels sur cartouche sans avoir besoin d’un stock de circuits ACID. Quiconque possède un Plus possède au moins une cartouche originale. Le projet (comme tous mes projets publiés) est entièrement documenté sur le Wiki, donc n’importe qui peut s’en construire un. Malheureusement le connecteur est plutôt difficile à trouver, alors je n’en ai jamais construit qu’un seul. L’origine du nom est assez évidente : il se place au milieu, entre la cartouche et le CPC, et « vole » les signaux ACID.
J’ai aussi quelques autres projets publiés, comme le S-Video Modulator et l’AMX Mouse adaptor. L’adaptateur AMX permet de connecter une souris PS/2 ou USB à ton CPC et elle fonctionnera comme le faisait la souris AMX. Le fait qu’il soit compatible AMX à 110 % signifie qu’aucun pilote n’est nécessaire, et qu’il existe déjà quantité de logiciels compatibles. Je dis 110 % parce qu’il permet aussi d’utiliser la molette si la souris en a une. Ce que la souris AMX n’avait pas. Je sais que plusieurs personnes en ont construit un, mais je ne sais pas trop combien il en existe réellement.
6/ As-tu d’autres projets non publiés visant le CPC ? Quels sont tes projets pour l’avenir ?
Comme je l’ai dit plus tôt, depuis l’arrivée de « Bryce 2.0 », mon temps libre est extrêmement limité, mais j’essaie quand même de faire avancer quelques trucs. J’ai une liste d’une vingtaine de projets futurs sur lesquels je pourrais travailler. J’ai mon propre ordre de priorité, mais il peut aussi être influencé par l’intérêt manifesté par les membres du Wiki, alors j’évoque souvent des idées sur le forum juste pour voir combien de gens sont réellement intéressés. En ce moment je regarde du côté d’une extension de RAM à bas coût, parce que j’en voudrais une moi-même.
C’est aussi quelque chose qui devrait intéresser la plupart des utilisateurs de CPC. Parmi les autres idées de ma liste, il y a une manette / un joystick sans fil, un synthétiseur vocal, une connexion USB vers PC, une RTC sans pile, une carte son SID et une carte de diagnostic matériel. Certains de ces projets sont prêts pour le prototypage, d’autres ne sont encore qu’un gribouillis sur un bout de papier. Je compte en construire beaucoup et tout ce qui sera construit sera publié sur le Wiki. Un autre projet de longue date chez moi est un remplaçant pour l’ACID, j’aimerais vraiment le mener à bien un jour.

7/ Quelle est pour toi la configuration Amstrad CPC « ultime » ? (quel matériel conseillerais-tu..)
Le CPC ultime pour moi, c’est un 6128 standard avec un peu de RAM supplémentaire, une MegaFlash et un HxC branché. Avec cette configuration on peut faire à peu près tout. Cela dit, j’utilise surtout mon 6128+ simplement parce qu’il prend moins de place sur le bureau. Je possède un 464 (le mien d’origine), 2 6128 et un 6128+, comme ça je peux tester mon matériel sur presque toutes les configurations possibles.
8/ Aimes-tu l’état actuel de la communauté Amstrad CPC ? Qu’est-ce qui t’a épaté dernièrement ?

Le HxC Floppy Emulator de Jeff
Réponse simple : oui.
La communauté CPC a l’air d’être réellement en train de grandir en ce moment. Elle a retrouvé un second souffle. J’ai décidé de revenir au matériel CPC à cause du manque de gens du hardware dans la scène CPC. Les figures connues du matériel du passé, comme Dr. Zed et WSX (Inicron), étaient parties et n’avaient pas été remplacées, donc il ne se faisait plus rien de neuf. Depuis, plusieurs nouvelles têtes du hardware sont apparues, la scène reprend et ramène des gens vers leurs CPC.
Du point de vue matériel, j’ai été assez impressionné par le HxC de Jeff. Au point d’en acheter un. C’est vraiment conçu et fabriqué de façon professionnelle, il peut en être fier (je le serais).
Côté logiciel, c’est la Batman Demo qui m’a impressionné. C’était en fait la toute première demo que j’avais regardée. Après ça j’en ai regardé plusieurs autres pour voir si elles étaient toutes aussi bonnes. Il y en a quelques autres de bonnes, mais rien qui s’approche de Batman.
9/ C’est déjà la fin de cette interview. Des messages, des opinions.. à faire passer à la communauté ?
Ouais, reste fidèle à ton hobby, mais n’en fais pas trop, sinon tu vas agacer ta femme / ta copine.

C’est tout ! Merci un million de fois Bryce d’avoir répondu à toutes ces questions :-) Continue comme ça !! :)